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26/05/2010

Religions: respect toujours! Tolérance jusqu‘ou?

Le port de la burqa fait aujourd’hui en France l’objet d’un débat passionnel.

Pour certains, l’interdire est une atteinte à la liberté de culte ainsi qu’une restriction du libre choix vestimentaire. Pour d’autres, l’accepter est une grave atteinte à la laïcité.

Il faut distinguer la burqa du voile (hijâb) qui laisse le visage découvert ne dressant pas la même frontière entre soi et autrui. Il peut alors exprimer la liberté d’un choix personnel et réfléchi. En Afrique du Nord, et dans de nombreuses sociétés du monde musulman, le port du voile est ainsi limité à ce couvre-chef. Dans les rues d’Istanbul, le hijâb est lié à la mode, ce voile existe dans une grande diversité de couleurs.

 

Quand a la burqa, celle-ci semble être, une innovation venue d’un vêtement traditionnel d’Afghanistan, qui, passant notamment par l’Iran, aurait été adoptée par les franges les plus conservatrices de certaines sociétés musulmanes. Un pseudo néo-traditionalisme sans fondement coranique ni sociétale dans lequel la majeure partie des musulmans ne se reconnaît pas. Cette dérive prétendument coranique, démontre un attachement fanatique à la dissimulation du corps féminin en dehors de la sphère privée en discordance avec les usages anciens plutôt modérés sur ce point.

Dans la mesure où la burqa naît d’une compréhension erronée ou d’une instrumentalisation de la religion musulmane, il serait facile de prétendre que celle-ci n’est pas concernée par ses propres égarements tout comme la religion catholique en son temps sur notre territoire.Se serait céder à la facilité. Les instances du culte musulmans se doivent de dénoncer fermement la burqa comme résultante d’une pathologie culturelle, démontrant ainsi qu’il s’agit d’un phénomène ultra minoritaire, non représentatif de l’islam.

Sachons le dire, non, la burqa n’est pas l’islam, celles et ceux la condamnant pour des questions d‘idéologie racistes et islamophobes se trompent de combat! Il s’agit de la liberté et de la dignité des femmes ainsi que de la défense de la laïcité. Le port de ce voile intégral est une insulte envers toutes les femmes qui dans certains pays se battent contre la contrainte de la porter parfois au prix de leur vie!

Beaucoup de femmes occidentales, se sentant profondément musulmanes estiment que l’essentiel se situe dans l’intériorité et préfèrent un islam du cœur, de la foi, pratiqué dans la sphère privée, refusant même le voile qui demeure un instrument de différenciation. Elles voient dans la burqa un symbole de domination masculine et ou familiale. Elles considèrent que l’avenir de la femme musulmane est dans une libération complète de tous signes extérieurs.

Pourquoi certaines femmes la portent-elles sans contraintes maritale, familiale et sans l’influence d’un courant religieux sectaire? Dans ce cas, c’est un choix assumé, ce sont souvent des femmes d’origine immigrée de deuxième ou troisième génération converties à l’Islam. La portent-elles par conviction d’une prescription islamique »donc par ignorance » ou par revandicatisme identitaire?

Voire le visage, c’est reconnaître l’autre. Une femme portant la bourqa, que ce soit par contrainte maritale et/ou familiale ou simplement par revendicatisme pseudo religieux est littéralement enfermée, sans visage, isolée du monde et mise au banc de la société. Ce rapport à l’identité dépasse le débat sur la bourqa, il est générale: carte d’identité, passeport etc. Que répondre à une mère de famille se présentant à l’école pour récupérer son enfant si le personnel scolaire ne peut la reconnaître? Ainsi vêtue, doit-on laisser cette même femme pénétrer dans une banque? Pour des raisons sécuritaires évidentes NON! Comment cette femme peut-elle payer ses courses par cheque?Comment le machiniste du bus, les contrôleurs ou la police peuvent-ils la reconnaître?

Ce carcan de tissus obscurantiste, résurgence d’une excroissance culturelle infondée ne peut être en aucun cas imposé aux femme ni à notre république. Dans le cas contraire, nous ouvririons la boite de pandore.

Le port du voile, comme tout autre signe religieux de quelque culte que se soit ne doit pas être accepté dans les écoles laïques. Il ne s’agit pas d’une disposition nouvelle ni discriminatoire, c‘est au contraire une garantie d’équité cultuel.

Doit-on autoriser les prières journalières dans nos écoles, nos entreprises et autres lieux publics, y implanter des locaux dédiés aux cultes majoritairement pratiqués en France? Personnellement je ne le pense pas, c’est incompatible avec notre république laïque. Les musulmans modérés le comprennent parfaitement et pour certains, trouvent curieux que noël soit fêté dans certaines écoles publiques. Chacun de nous est libre de vivre comme il lui plait dans la sphère privée et de le revendiquer mais pas de l‘imposer sur le domaine publique.

Dans notre pays, dés qu’un courant religieux sombre dans tel ou tel excès revendicatif, nous devons rappeler que depuis 1905, ce n’est plus admis. Pour rappel, la loi de 1905 proclame la séparation de l’église et de l’état, et stipule que la France ne reconnais aucune religion et les respecte toutes. C’est un des principes fondateurs de notre république.

Ce débat est nécessaire car il conduit l’islam à affronter ses propres démons et permet à notre république de réaffirmer son attachement indéfectible à la laïcité.